| Février 2012 | ||||||||||
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Séquence 1 : extérieur / nuit - rue
Une rue déserte, éclairée par des réverbères. Un homme (Philippe) passe, un appareil photo attachée par une lanière autour de son cou et qu'il tient dans ses mains.
Philippe s'arrête par endroits, et prend des photos.
séquence 2 : extérieur / nuit - autre rue
Une rue de bâtiments. Philippe marche, un journal à la main. Sur celui-ci, on peut lire une date.
Philippe s'arrête devant une porte et entre.
séquence 3 : intérieur / nuit - cage d'escaliers
Il entre dans la cage d'escalier et se dirige vers les marches.
En haut, une ombre fait tomber une pellicule dans les escaliers. Philippe s'arrête. La pellicule descend les marches et finit par arriver aux pieds de Philippe. Celui-ci la regarde, puis regarde autour de lui. Il se penche tout doucement sur la pellicule et la prend dans sa main. Il la regarde puis regarde en haut dans les escaliers.
Philippe
Y a quelqu'un ?
Après avoir attendu une réponse, il monte les escaliers. Il arrive à une porte, sort ses clés et l'ouvre.
séquence 4 : intérieur / nuit - entrée
Il entre, les yeux fixés sur la pellicule. Il pose son appareil, et se dirige dans une autre pièce.
séquence 5 : intérieur / nuit - chambre noire
C'est une chambre noire pour développer les photos.
Philippe entre, la pellicule à la main.
Il développe les photos de celle-ci.
séquence 6 : Intérieur / nuit - chambre noire
Les photos sont dans le bac. La surface dessine petit à petit une image.
Plus l'image devient claire, et plus Philippe regarde les photos en fronçant les sourcils.
Une fois qu'elles sont complètement développées, Philippe les amène à son visage et les regarde, la bouche ouverte et les yeux écarquillés. Sur toutes les photos - 6 au total -, il est assit devant un mur blanc. Au-dessus de lui est accrochée une pendule qui indique à chaque photo une heure différente : une heure, minuit cinquante-neuf, minuit cinquante-huit, minuit cinquante-sept, minuit cinquante-six et minuit cinquante-cinq.
Il reste à les regarder jusqu'à ce qu'elles lui tombent des mains. Il recule et sort de la pièce.
Séquence 7 : intérieur / nuit - chambre
Il vient s'asseoir sur son lit, reste un moment à regarder dans le vide puis se couche.
séquence 8 : extérieur / nuit - rue
La rue est déserte.
Philippe marche, seul, son appareil dans les mains.
Il s'arrête par endroits et prend des photos.
séquence 9 : extérieur / nuit - rue
Philippe marche dans une ruelle déserte. Il regarde son appareil : il a utilisé toute la pellicule. Derrière lui, un corps tombe sur le sol dans un craquement d'os. Il se retourne brusquement. Il n'y a plus qu'une flaque de sang sur le sol. Il se tourne la tête brusquement. Il n'y a rien. Il sort alors un appareil photo numérique et prend la flaque. La photo apparaît sur le petit écran : il y a un corps. Pourtant, sur le sol, il n'y en a pas. Philippe regarde l'image, le sol, à plusieurs reprises. Puis il ouvre grand les yeux et s'enfuit en courant.
séquence 10 : intérieur / nuit - entrée
Il entre dans son appartement, referme la porte derrière lui. Il se touche le front en fermant les yeux, pose son appareil sur une table et s'assoit. Il prend sa tête entre ses mains et reste ainsi un petit moment. Puis il entend un bruit venant de la table. Il regarde dans la direction. Il n'y a rien. Il se lève, prend son appareil et va dans la chambre noire.
séquence 11 : intérieur / nuit - chambre noire
Il développe la pellicule qui est dans son appareil.
Les photos apparaissent. Ce sont toujours les photos étranges. Cette fois, l'horloge indique minuit cinquante, minuit quarante-cinq, minuit quarante, minuit trente-cinq et minuit trente.
Il ouvre les yeux en grand. Les photos glissent de ses mains. Il fait quelques pas en arrière et sort de la pièce en vitesse.
séquence 12 : intérieur / nuit - salon
Il arrive dans son salon, se prend la tête en tournant. Puis il regarde autour de lui et commence à jeter des choses par terre. Puis il s'assoit par terre et se recroqueville sur lui-même.
séquence 13 : intérieur / nuit - salon
Philippe est toujours dans la même position. Il entend la porte de son appartement grincer. Il relève la tête brusquement.
PHILIPPE
Qui est là ?
Aucun bruit. Puis il entend des pas qui s'enfuit en courant dans les escaliers. Il s'élance alors.
séquence 14 : intérieur / nuit - cage d'escaliers
Il poursuit l'autre homme en courant et en sautant des marches.
séquence 15 : extérieur / nuit - rue
Il le poursuit toujours. Puis l'autre homme arrive à un cul-de-sac. Philippe le rejoint. L'autre homme se retourne. C'est Philippe. Il a les mêmes vêtements, le même visage. Il sourit puis disparaît. Philippe reste sur place, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. Puis il se frotte la tête et repart sur ses pas.
séquence 16 : intérieur / nuit - salon
Philippe entre dans son salon. Il tourne en rond en se tenant la tête. Il regarde de tous les côtés à toutes vitesse avec les yeux grands ouverts. Puis il sort d'un tiroir une boite de médicaments et d'un placard une bouteille de whisky. Il en prend un poignée et les avale avec du whisky. Puis il commence à tituber et s'effondre sur le sol.
séquence 17 : intérieur / nuit - salon
Philippe est sur le sol, évanouis. Devant lui sont éparpillés les photos étranges. Les horloges ont été entourées en rouge et elles ont été rangées de façon à créer un compte à rebours.
L'autre homme arrive dans la pièce et jette de l'eau sur Philippe. Celui-ci se réveille. Il regarde autour de lui : il n'y a personne. Puis il voit les photos et leur ordre. Il ouvre les yeux en grands.
PHILIPPE
Bon sang !
Il lève la tête à une horloge. Il est une heure -l'heure du compte à rebours. Il se lève rapidement, en titubant légèrement et en se tenant la tête. Puis il regarde autour de lui. Les fenêtres s'ouvrent alors d'un grand coup. Puis les portes. Une grande lumière envahie la pièce. Il la regarde avec de grands yeux. Puis tout devient blanc.
séquence 18 : extérieur / nuit - rue
Philippe apparaît dans la rue. Il n'y a personne autour de lui. Il se retourne dans tous les sens très rapidement. Il remarque alors un journal sur le sol, le ramasse et y lit la date : il est daté de plusieurs mois avant celui qu'il avait (séquence 2) mais semble neuf. Il le regarde avec de grands yeux, le lâche et part en courant. Mais il n'a pas atteint le coin de la rue qu'il s'arrête contre le mur. Il entend un larsen. Il se frotte le crâne avec un rictus de douleur. Puis il disparaît.
séquence 19 : intérieur / nuit - cage d'escaliers
Il arrive au seuil de son appartement. Il ouvre la porte et entre dans l'appartement. Il se voit alors assit, la tête entre les jambes. La porte derrière lui se referme en grinçant. Son autre lui regarde en direction de la porte rapidement. Il se cache in-extrémis. Il attend quelques secondes en regardant sur le côté avec de grands yeux. Puis son souffle s'accélère. Il regarde de tous les côtés et s'enfuit en courant. Son autre lui le poursuit. Il dévale les escaliers à toute vitesse.
séquence 20 : extérieur / nuit - rue
Il arrive au cul-de-sac. Il s'arrête, regarde la rue. Il entend son autre lui arriver derrière. Il ouvre la bouche et se retourne. Puis il sourit. Il entend un larsen dans son crâne. Il serre les dents, ferme les yeux, se tient le crâne, puis disparaît.
séquence 21 : intérieur / nuit - salle photo
Il arrive dans une salle blanche. Il y a un appareil photo au milieu. A côté, il y a plusieurs pellicules. Face à cet appareil, il y a une chaise et, au-dessus, accrochée au mur, une horloge. Enfin, dans un coin de la pièce, il y a une annonce de photographe pour des photos d'identités, familiales...etc. Il regarde l'appareil, prend une pellicule, la met dedans. Puis il règle l'objet, va changer l'heure de l'horloge et s'assoit sur la chaise. Il en fait cinq : de minuit trente à minuit quarante-cinq. Il prépare l'appareil lorsqu'il entend à nouveau le larsen et fait un rictus de douleur. Il ouvre alors à toute vitesse l'appareil et prend la pellicule puis disparaît juste après.
séquence 22 : extérieur / nuit - rue
Il arrive dans la rue où il avait vu la flaque de sang et le cadavre. Justement, il se voit regarder la flaque. Il arrive derrière son autre lui et regarde au-dessus de son épaule. Le cadavre apparaît et disparaît, comme un hologramme. Il entend à nouveau le larsen, se tient le crâne et disparaît, juste avant que son autre lui ne se retourne.
séquence 23 : intérieur / nuit - salon
Il apparaît dans son salon. Il voit son autre lui assit, la tête entre les mains. Il remarque son appareil posé sur la table. Il se dirige lentement et change la pellicule qu'il y a à l'intérieur avec celle qu'il a en sa possession. Il s'apprête à refermer l'appareil, lorsqu'il entend à nouveau le larsen. Il le ferme alors dans un petit bruit. Son autre lui lève la tête brusquement, mais il a déjà disparut.
séquence 24 : intérieur / nuit - salle photo
Il apparaît à nouveau dans la salle de photographe. Il se précipite vers l'horloge et recommence ses photos. Il fait les six dernière. Puis il prend la pellicule avant d'entendre le larsen et de disparaître.
séquence 25 : intérieur / nuit - cage d'escaliers
Il apparaît en haut des escaliers. Il entend son autre lui rentrer. Il glisse alors la pellicule dans les escaliers. Celle-ci tombe sur les marches et roule aux pieds de son autre lui. Il entend le larsen et disparaît.
séquence 26 : intérieur / nuit - salon
Il apparaît dans le salon, alors que son autre lui est allongé sur le sol, évanouis. Il se précipité dans la chambre noire, en sort les photos, entoure les horloges et les dispose selon le compte à rebours. Puis il va chercher de l'eau et arrive au dessus de son autre lui. Il entend le larsen et jette l'eau juste avant de disparaître.
Séquence 27 : extérieur / nuit - ruines
Il apparaît dans ce qui semble être les ruines d'une ancienne usine. Il regarde autour de lui, tourne sur lui-même et crie. Puis il s'accroupit, prend sa tête entre ses mains. Il entend le larsen et disparaît.
séquence 28 : extérieur / nuit - toit d'immeuble
Il apparaît sur le bord du toit d'un immeuble. Il est toujours accroupie. Du coup, il se relève rapidement, mais est déséquilibré. Il chute en arrière et tombe sur le sol, derrière son autre lui. Son corps disparaît.
séquence 29 : extérieur / nuit - noir
Son corps est dans le noir complet. Du sang coule sur son visage.
Séquence 1 : Intérieur / Appartement - Nuit
Un homme entre dans la pièce en haletant, l'air paniqué. Il verouille la porte. Il tourne en rond un moment puis sort une bouteille d'alcool. Il s'assoit contre un mur. La télé est allumée, on l'entend en fond. Il boit quelques gorgées de sa bouteille, puis regarde la plafond en haletant.
VOIX OFF
Y a des jours, comme ça...
Séquence 2 : Intérieur /Chambre- Jour
Un radio réveil s'allume. Luc ouvre les yeux. Il s'étire de tout son long. Puis il s'assoit sur le côté de son lit. Il se frotte le visage, puis se lève. En fond, on entend à la radio l'horoscope du jour qui annonce pour les Cancers une journée affreuse. Il se dirige vers la porte mais son pied cogne contre un mur dans un craquement d'os. Il se raidit, se plie en deux et se masse l'orteil en poussant des gémissements. Puis il sort de sa chambre en clopinant.
VOIX OFF
Des jours où on sait au fond de nous qu'on ferait mieux de rester au fond de son lit.
Séquence 3 : Intérieur / Salle de Bain - Jour
Luc entre dans sa salle de bain. Il se dirige vers la douche (ou la baignoire ?) et ouvre les robinets. Puis il se dirige vers l'évier et la glace. Il se regarde dans celle-ci en se frottant le visage d'un air de douleur. Puis il regarde son pied et voit du sang. Il se penche sur celui-ci en jurant. Il le touche puis se redresse. Mais, dans son geste, sa tête vient heurter le robinet. Il pousse un cri et se tient la tête. Puis il regarde ses mains. Il y a du sang de son orteil. Il soupir et ouvre le robinet. Il s'apprête à y plonger ses mains mais s'apperçoit que l'eau est marron. Il s'arrête alors et regarde en direction de la douche : l'eau y est marron également. Il soupir et ferme les robinets.
Séquence 4 : Intérieur / Salon - Jour
Luc arrive dans son salon. Il est habillé, mais pas rasé. Sa tenue est déparaillée.
Il sort un bol, le pose sur la table. Puis il ouvre son frigo et sort une brique de lait. Il tente d'en verser dans le bol, mais rien ne coule. Il la secoue et s'apperçoît qu'elle est vide. Il la laisse sur la table et soupir. Il sort un verre, se serre du jus d'orange. Puis il pose brutalement la brique sur la table, d'un air désésperé. Quelques gouttes du liquides viennent se répandre sur sa chemise. Il s'essuie.
Il sort une boîte de médicaments, en prend. Puis il pose la verre en équilibre sur une pile de couverts sales dans l'évier.
Séquence 5 : Intérieur / Cage d'escaliers - Jour
Luc sort de chez lui avec un attaché-case. Il claque la porte. On entend alors un bruit de verres cassés. Il ferme les yeux, serre les dents et pousse un soupir. Puis il ferme à clé.
Séquence 6 : Extérieur / Ruelle - Jour
Luc marche dans une petite ruelle déserte. Là, il tombe sur deux hommes en train de donner des coups de pieds à un autre à terre. Il se bloque contre un mur et ouvre de grand yeux. Son attaché-case tombe de sa main. Les deux hommes l'entendent. L'un le pointe du doigt et ils se ruent très vite tous deux sur lui. Luc ferme les yeux, serre les dents et se blottit contre le mur. Les hommes arrivent sur lui et le rouent de coups. Puis ils s'enfuient. Luc se relève et part en se tenant la mâchoire. L'autre homme qui avait été attaqué s'est assit contre le mur et regarde dans le vide.
Séquence 7 : Intérieur / Bureaux (banque) - Jour
Luc arrive à son bureau. Il s'apprête à s'assoire lorsqu'un homme le prend par le bras et lui dit de le suivre, ce qu'il fait.
Séquence 8 : Intérieur / Bureau du patron - Jour
Luc lève la tête vers son patron, qui est assit face à lui sur un grand bureau.
PATRON
Savez-vous pourquoi je vous ai demandé de venir dans mon bureau, Monsieur Luc ?
Luc
Non, Monsieur le Directeur.
PATRON
Vous savez, Luc, une entreprise, c'est comme une grosse ruche d'abeilles. Vous voyez, Luc, ces espèces d'immondes créatures rayées qui font un bruit infecte.
Luc
Je vois, Monsieur le Directeur.
PATRON
Eh bien dans cette ruche, toutes ces saloperies d'insectes stupides et baveux passent leur journée à amasser le pollen qu'ils ont récolté toute la journée. Et ils le font, le refont. Toute cette saloperie est gérée par un apiculteur. Un type qui sait les encadrer, qui a le pouvoir sur elles. Imaginez maintenant, Luc, une de ces saloperies d'abeille qui renverserait cet apiculteur. Vous me suivez ?
Luc
Eh bien... Oui, Monsieur le Directeur.
PATRON
Comme vous êtes idiot ! Vous ne suivez rien du tout, ma parole. Une de ces ouvrières au pouvoir ? Si la ruche tiens encore debout, c'est grâce à l'apiculteur, vous me comprenez ?
Luc
Oui, Mon...
PATRON
(Le coupant)
Une entreprise, c'est pareil ! Si elle tiens debout, c'est grâce à l'apiculteur. Maintenant, imaginez la vie d'une abeille. Rien ne la distinguerait à prioris des autres. Elle sort de la ruche, va poléniser, revient à la ruche, excrète le miel, et repart, ainsi de suite. Seulement, cette abeille s'est aperçue qu'elle avait fort à gagner en gardant pour elle une partie de son produit. Elle est futée, l'abeille. Elle planque sous ses ailes un peu de ses dejections baveuses de pollen et fait comme si de rien n'était. Mais un jour, l'apiculteur le découvre. Imaginez alors sa reaction, Luc. Il ne peut pas laisser faire ça. Alors que doit-il faire, Luc.
Luc
Je ne sais pas, Monsieur le Directeur...
PATRON
Allons, Luc, un petit effort, voyons ! Il doit l'écr... l'écra...
Luc
L'écraser ?
PATRON
Mais oui, voilà. Vous avez tout à fait compris, Luc. C'est fout la facilité avec laquelle vous, petites abeilles, comprenez rapidement. Faut vous expliquer longtemps, hein, mais vous comprenez vite. C'est bien !
Ils se regardent.
PATRON
Bien... Où je voulais en venir ? Ah oui, l'abeille écrasée. Savez-vous, alors, pourquoi je vous ai convoqué dans mon bureau, Luc ?
Luc
J'avoue ne pas savoir, Monsieur le Directeur...
PATRON
Mmh, c'est ennuyeux, mon cher Luc. Très ennuyeux. Parce que j'ai ici des dossiers qui connaissent très bien la raison, eux.
(Il jette des dossier sur le bureau)
Alors soit vous êtes plus bète qu'un tas de papier, soit vous vous foutez ouvertement de ma gueule.
Luc
Mais je... Je ne comprends pas, Monsieur le Directeur.
PATRON
Croyiez-vous réellement que nous ne nous apercevrions de rien ? Vous enlevez une virgule a un compte, comme ça, l'air de rien. Vous transformez les chiffres. Je vous ai déjà raconté l'histoire de l'abeille qui voulait être magicienne, Luc ? Elle est très triste, je vous assure !
Luc
Mais je ne comprends pas, Monsieur le Directeur. Je vous assure que je n'ai rien fait. Rien !
PATRON
Il suffit, Luc. Vous m'exténuez. Sortez d'ici. Vous êtes au repos jusqu'à ce que cette affaire soit éclaircie. Croyez bien qu'une enquète est dors et déjà en cours. Maintenant, sortez.
Luc se lève et sort du bureau la tête baissée.
Séquence 9 : Extérieur / Rue - Jour
Luc marche lentement, la tête baissée. Il arrive devant un marchand de fleur et achète un bouquet.
Séquence 10 : Extérieur / Devant appartement de copine - Jour
Luc arrive avec le bouquet à la main. Il s'apprète à appuyer sur l'interphone, mais une personne sort. Il en profite alors pour entrer.
Séquence 11 : Intérieur / Appartement (escaliers) - Jour
Luc monte les escaliers et s'arrête devant une porte. Il reste devant celle-ci, se recoiffe rapidement, remet ses habits en état et s'apprète à frapper. A ce moment là, la porte s'ouvre. Derrière celle-ci, un homme et une femme s'embrassent. La femme est en peignoir. Leur baiser dure longtemps. Luc reste sur le pas de la porte, et regarde la scène, avec un air neutre. Le baiser cesse à cause d'un bruit. Ils regardent tous deux dans la direction de celui-ci mais il n'y a personne : Luc est parti.
Séquence 12 : Extérieur / Rue - Jour
Luc marche dans la rue, la tête baissée. Il arrive près d'un banc, à côté duquel se trouve une poubelle. Il jette le bouquet dans celle-ci et s'assoit en mettant la tête dans ses mains. Il reste ainsi quelques secondes, l'air pensif. Puis une fiente de pigeon lui tombe sur l'épaule. Il la regarde.
Luc
Ah génial !
Séquence 13 : Intérieur / Appartement - Soirée
Luc entre chez lui. Il jette les clés sur le canapé et allume la télé. Puis il pousse un soupir. Il n'est assit que depuis quelques secondes que quelqu'un frappe à la porte. Il se lève et se dirige vers celle-ci. Il entrouvre la porte et voit par l'entrabaillement une femme quinquagénaire qui le regarde avec un air de colère.
Séquence 14 : Intérieur / Cage d'escalier - Soirée
CONCIERGE
Monsieur Luc ! Je voulais vous voir. Concernant vos poubelles, encore une fois !
Luc
(En refermant la porte)
Plus tard, Madame Jane, s'il vous plait.
CONCIERGE
(En ouvrant la porte)
Non pas plus tard, justement. C'est la troisième fois, Luc, que je vous prends à ne pas sortir vos poubelles à temps. Après, vous descendez tout d'un coup, et c'est plus possible, ça rentre pas.
Elle regarde dans l'appartement de Luc.
CONCIERGE
Oh là là ! C'est pas très bien rangé, dites-donc. Y a du laissé aller, hein !
Luc
Ecoutez, Madame Jane, soyez gentille. J'ai passé une journée affreuse, aujourd'hui. Alors, s'il vous plait, pas maintenant.
CONCIERGE
Ah non mais moi je dis ça... Ca me regarde pas, hein. M'enfin, pour les poubelles, franchement. Je vous jure, à croire que les gens sont de plus en plus...
Luc
(La coupant, en criant)
Lâchez-moi, maintenant. J'ai passé une journée de merde. J'ai plus de taf, plus rien, et vous me faites encore chier avec vos putains de poubelles. Lâchez-moi, bon sang, et allez plutôt vous méler de vos affaire. Vous avez un mari qui doit être ivre mort à l'heure qu'il est. Allez plutôt lui faire la moral à lui, nom d'un chien !
Ils restent à se regarder un moment. Luc halète, un air de fatigue sur son visage. La concierge le regarde avec une bouche en cul de poule.
CONCIERGE
Mmph. En tout cas, vous êtes grossier ! J'en réfererai à votre propriétaire.
Elle se retourne. Luc pousse un soupir et lève la tête vers le ciel. Il tend la main vers sa concierge.
Luc
Attendez.
Il l'attrape par l'épaule. Celle-ci se retourne, regarde la main de Luc d'un air de dégoût et s'écarte en faisant un pas en arrière qui la conduit aux marches des escaliers. Elle chute dans ceux-ci. Luc se précipite sur elle.
Luc
Madame Jane, Madame Jane. Bon sang, vous n'avez rien.
Il se penche sur elle et lui tate le poul. Il enlève la main, et la pose avec l'autre sur son visage.
Luc
Bordel. C'est pas possible.
Il se lève et regarde autour de lui. Une petite vieille regarde par l'entrebaillement de sa porte avec de grands yeux. Il se dirige vers elle.
Luc
Madame, vous avez un téléphone pour...
VIEILLE DAME
(Le coupant)
J'ai tout vu !
Elle ferme la porte d'un coup sec. On entend le bruit de plusieurs cadenas et serrures.
Luc
Oh putain...
Luc se dirige vers l'escalier, enjambe le cadavre et commence à gravir les marches.
VIEILLE DAME
(De derrière sa porte)
Assassin !
Luc s'arrête, soupire, et remonte à toute vitesse. Il rentre chez lui et vérouille la porte en haletant.
Séquence 15 : Intérieur / Appartement - Soirée
Luc est assit par terre, contre le mur et regarde le vide en buvant. Puis il entend une voix.
VOIX
La vie vous ennuie ? Vous exaspère ?
Il lève la tête.
VOIX
Y a des jours, comme ça... Des jours où on sait au fond de nous qu'on ferait mieux de rester au fond de son lit.
Il se lève et se dirige vers la télé. Il voit alors un spot publicitaire. Un homme qui parle.
VOIX
La mort. Telle est la solution.
Puis il voit un groupe de gens qui chante "La mort, la mort" en dansant.
Il se dirige dans sa salle de bain, pleine de sang. Derrière, la musique se fait toujours entendre. Il ouvre un tiroir et en sort un revolver. Il la pointe en dessous de sa mâchoire. Il reste ainsi tandis que le rythme de la musique derrière s'accélère.
Il tire. Des bouts de sa cervelles giclent sur la rideau de bain. La musique cesse. On entend un larsen. Luc est à terre, inerte. Puis il ouvre les yeux, la bouche, tremble. Puis il dit en crachant du sang :
Luc
Merci la mort.
Sa tête tombe contre le sol. A la télé, les danseurs du spot s'arrêtent.
SPOT qui continue : générique.
Une fille parle à la camera, en souriant. Derrière elle, un champ de fleur.
FILLE
En vrai, la vie, j'aimais pas ça avant. La mort, j'trouvais ça cool. Mais maintenant, j'trouve que la vie c'est vachement plus cool. Dites oui à la vie !
VOIX
Ceci était un message du APPI. L'association Pour Promouvoir l'Ivresse.
SÉQUENCE 1 : INTÉRIEUR, FIN DE JOURNÉE, CHEZ JEAN
Jean rentre chez lui, dans un appartement sombre et
délabré, petit, et dont les fenêtres sont cassées. Rien
n’est rangé, il n’a presque pas de meubles.
LE PROPRIÉTAIRE: (HYSTÉRIQUE)
Alors ! Et mon loyer ? Vous avez
douze jours de retard ! Si dans
48H vous n’avez pas payé,
j’appelle la police, et du balais
! Vous m’avez bien entendu ? 48H
! Pas une minute de plus !
JEAN :
J’suis au chômage...j’ai plus
aucune économie...même plus de
quoi manger...
LE PROPRIÉTAIRE:
C’est pas mon problème à moi ! Je
veux mon argent !
JEAN :
Laissez-moi un délai plus long,
j’vous en supplie... Je n’aurais
jamais l’argent d’ici deux
jours...
LE PROPRIÉTAIRE:
Je ne veux rien savoir, c’est...
On entend un bruit sourd. On voit Jean tenant un cendrier
dans sa main, il est pâle et à l’air abasourdi et paniqué.
Le propriétaire est allongé par terre, mort, il a une
blessure au niveau du front. Jean lâche le cendrier qui
roule le long du corps inerte du propriétaire.
SÉQUENCE 2 : INTÉRIEUR,JOUR,DANS LA PRISON
Un maton jette Jean dans une cellule miteuse. Celui-ci
porte une combinaison blanche de prisonnier, numérotée de
son matricule : R26P37.
LE MATON :
Allez rentre espèce de meurtrier!
tu vas payer pour ce que tu as
fait...
Il pose ses draps, une serviette de toilette et une brosse
à dents sur son lit puis s’assoit. Il prend sa tête entre
ses mains et se met à pleurer.
SÉQUENCE 3A: INTÉRIEUR, NUIT, DANS LA PRISON
Jean est toujours allongé sur son lit, il fait nuit. Il
bouge dans tous les sens. Il fait des cauchemars du
meurtre qu’il a commis.
SÉQUENCE 3B : INTÉRIEUR, FIN DE JOURNÉE, CHEZ JEAN
On voit Jean et son propriétaire en pleine explication (on
n’entend pas ce qu’ils disent). ensuite, on voit le
cendrier percuter le crâne du propriétaire.
SÉQUENCE 4 : INTÉRIEUR, JOUR, DANS LA PRISON
Jean est assis par terre dans sa cellule, il regarde le
mur qui est en face de lui. Sur celui-ci, des bâtons qui
signifient les jours passés en prison sont gravés. Le
maton lui apporte à manger. Jean ne détourne pas le regard
et continu à fixé le mur. Il ne touche pas à son repas. Il
attend quelques instants puis se lève pour ajouter un
bâton sur le mur. Il retourne s’asseoir au même endroit,
dans la même position.
SÉQUENCE 5A : INTÉRIEUR, NUIT, DANS LA PRISON
Jean est allongé sur son lit, il fait nuit. Il bouge dans
tous les sens. Il fait encore des cauchemars du meurtre
qu’il a commis.
ALTERNÉ AVEC LA SÉQUENCE 7
SÉQUENCE 5B : INTÉRIEUR, FIN DE JOURNÉE, CHEZ JEAN
Le corps du propriétaire s’écroule par terre. Jean est
figé, le cendrier qu’il tenait dans sa main tombe.
SÉQUENCE 6 : INTÉRIEUR,JOUR,DANS LA PRISON
Jean est assis par terre dans sa cellule, il fixe le mur
en face de lui. Le maton lui jette une assiette.
LE MATON :
pff les gens maintenant, même
plus capable de purger leur
peine, ils préfèrent se laisser
crever de faim... Quelle bande de
lâches!!
Jean ne bouge pas, il continue de fixer le mur, puis il se
lève et ajoute un bâton aux autres déjà gravés.
SÉQUENCE 7 : INTÉRIEUR,JOUR,DANS LA PRISON
Le maton lui jette son assiette, Jean ne réagit toujours
pas. Il regarde son assiette, les yeux écarquillés, car un
escargot est en train de manger sa salade.
SÉQUENCE 8A : EXTÉRIEUR, JOUR, DANS UN PARC
Un petit garçon et une petite fille jouent ensembles, près
d’un bac à sable, dans un parc.
LA PETITE FILLE:
Mon papa m’a raconté une blague,
écoutes-la ! C’est l’histoire
d’un hérisson qui se balade dans
le désert... (la petite fille
commence à détacher son bracelet
de son poignet)
VOIX OFF (JEAN) + VOIX PETITE FILLE
... il se frotte à un cactus et
dit "c’est toi maman ?"
VOIX OFF (JEAN) + VOIX PETITE FILLE
rires mêlés
LA PETITE FILLE: (TENANT LE BRACELE AU PETIT GARÇON)
Tiens! Parce que je t’aimes bien!
SÉQUENCE 8B : INTÉRIEUR, JOUR, DANS LA PRISON
Jean attache le bracelet à al coquille de l’escargot.
SÉQUENCE 9A : INTÉRIEUR, JOUR, DANS LA PRISON
Jean regarde le bracelet qu’il a au poignet, c’est le même
que celui que son amie d’enfance lui avait donné. Il le
détache et l’attache autour de la coquille de l’escargot.
Le maton apporte une assiette à Jean. Celui-ci se lève,
commence à graver un nouveau bâton sur le mur. Il regarde
l’escargot et s’arrête de graver. Il retourne s’asseoir
auprès de l’escargot et commence à manger.
ALTERNÉ AVEC LA SÉQUENCE 13
SÉQUENCE 9B : INTÉRIEUR, JOUR, SUR UNE SCÈNE DE THÉÂTRE
Jean et Marilou sont sur une scène de théâtre qui
représente un restaurant (reconstitution en carton : une
table des chaises).
SÉQUENCE 10 : INTÉRIEUR, NUIT, DANS LA PRISON
Jean dort paisiblement dans sa cellule. On entend le maton
qui se met à siffler juste devant sa porte. Jean se
réveille et à l’air agacé.
JEAN :
Pourquoi tu siffles encore devant
ma cellule?!
LE MATON : (VOIX SADIQUE)
Et pourquoi pas ? Ça te regarde
ce que je fais?
JEAN :
Laisses-moi dormir s’il te
plaît...au moins une nuit...juste
une nuit...une petite nuit...
LE MATON :
C’est à cause de sales vermines
comme toi que j’suis obligé de
passer toutes mes nuits ici !
Alors ton sommeil, tu peux te le
foutre où je pense !!
Jean se recouche, il a l’air blasé.
SÉQUENCE 11 : INTÉRIEUR, JOUR, SUR UNE SCÈNE DE THÉÂTRE
Jean et Marilou sont sur une scène de théâtre qui
représente la mer. Ils s’amusent, rigolent, ils sont
heureux. (Reconstitution en carton de la mer : vagues,
phare, bateau)
RACCORD DIALOGUE
SÉQUENCE 12 : INTÉRIEUR,JOUR,DANS LA PRISON
Marilou est posée sur le doigt de Jean, qui est assis sur
son lit.
JEAN :
T’as vu, c’est génial ! Quand je
sortirais, je t’amènerais faire
un tour sur un bateau... Et puis
à la montagne aussi! Nous irons
skier tous les deux !
SÉQUENCE 13 : INTÉRIEUR, JOUR, SUR UNE SCÈNE DE THÉÂTRE
Jean et Marilou sont de nouveaux sur la scène de théâtre
qui représente la montagne enneigée.Ils skient tous les
deux, ils rigolent, ils s’amusent, ils sont heureux.
(Reconstitution de la montagne : montagnes, sapins, neige)
SÉQUENCE 14 : INTÉRIEUR,JOUR,DANS LA PRISON
Marilou est posée sur le doigt de Jean, qui est assis sur
son lit.
JEAN : (L’AIR PENSIF)
Oui, un jour on ira...
SÉQUENCE 15 : INTÉRIEUR, NUIT, DANS LA PRISON
Il fait nuit, Jean est couché dans son lit mais ne dort
pas. Marilou est à côté de lui, dans son lit.
JEAN : (EN FREDONNANT)
Une chanson douce, que me
chantait ma maman, en suçant mon
pouce le soir en m’endormant...
Jean regarde Marilou, puis il s’allonge confortablement
sur son lit et s’endort.
SÉQUENCE 16 : INTÉRIEUR,JOUR,DANS LA PRISON
(Environ dix ans plus tard)
Jean a vieillit ainsi que Marilou qui a grandit. Ils
dorment tous les deux, côte à côte. On entend la porte de
la cellule qui s’ouvre. Jean se réveille en sursaut.
LE MATON :
Qu’est-ce que tu fais?!
Dépêches-toi on t’attend!
JEAN : (L’AIR PERDU)
Quoi? Mais qui m’attend? Où...
LE MATON : (EN COUPANT LA PAROLE À JEAN)
Je savais bien que quelque chose
n’allait pas chez toi...tu sors!!
JEAN :
Mais où?
LE MATON :
Ta peine est finie! Tu viens de
passer dix ans dans ce trou à
rats, et tu te rends même pas
compte que c’est aujourd’hui que
tu sors?!
JEAN :
C’est juste que le temps est
passé très vite avec la compagnie
de...
LE MATON : (EN COUPANT LA PAROLE À JEAN)
Forcément, quand on parle tout
seul toutes les jours, c’est
qu’on a plus toute sa
tête...Allez, suis-moi!
Jean ramasse ses quelques affaires qu’il garde en boule
dans sa main. Il prend discrètement Marilou, la met dans
sa poche et sort de sa cellule.
SÉQUENCE 17 : INTÉRIEUR, JOUR, DANS UN RESTAURANT
Jean est assis à une table, dans un restaurant. Marilou
est légèrement cachée sous une serviette de table, de
sorte que le serveur ne la voit pas.
LE SERVEUR:
Bonjour monsieur, vous attendez
quelqu’un?
JEAN :
Non, je vous merci.
LE SERVEUR:
Que désirez-vous prendre?
JEAN :
Un plat du jour s’il vous plaît.
LE SERVEUR:
D’accord. Et comme boisson?
JEAN :
Une carafe d’eau.
LE SERVEUR:
Je vous apporte ça tout de suite.
JEAN :
Merci
Le serveur apporte la carafe d’eau à Jean. Il le voit en
train de parler à Marilou, mais celle-ci est toujours
cachée. Il s’approche de Jean et voit Marilou. Il se
précipite vers la table.
LE SERVEUR: (D’UNE VOIX PANIQUÉE)
Excusez-moi monsieur, votre plat
vous sera offert !
JEAN : (L’AIR ÉTONNÉ)
Qu..
Le serveur lève la carafe et la pose violemment sur la
table pour écraser Marilou.